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Michel Maila in “Finance et Investissement”

OCTOBER 15, 2014

Our President and CEO Michel Maila was interviewed by Quebec’s “Finance et Investissement” business newspaper alongside Mr. Claude Bergeron of La Caisse de Dépôt during GRI’s recent conference in Montréal. Read on for the full text of their discussion (in French)…

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Les conseillers auraient avantage à s’inspirer de différentes stratégies de gestion des risques.

Richard Cloutier

Les tests de tension (stress tests) devraient être au coeur de la stratégie de gestion du risque des portefeuilles des clients, estime Michel G. Maila, PDG de l’Institut mondial de gestion des risques du secteur financier (l’Institut du risque).

Dans un entretien en marge de la conférence annuelle que tenait l’Institut du risque à Montréal en septembre dernier, Michel G. Maila a expliqué pourquoi. Il était accompagné de Claude Bergeron, premier vice-président et chef de la direction des risques à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour l’occasion.

Finance et Investissement (FI) : Que suggérez-vous à un conseiller qui désire gérer le risque lié au portefeuille de ses clients ?

Michel G. Maila (MM) : À l’instar de la CDPQ, les conseillers devraient effectuer des tests de tension régulièrement. S’investir dans la gestion du risque permet de mieux connaître son portefeuille. La gestion du risque constitue un investissement directement lié à la santé et à l’équilibre du portefeuille à long terme.

Je suggère de s’intéresser particulièrement aux taux d’intérêt. Les taux ne peuvent descendre plus bas qu’ils le sont actuellement. Le cauchemar serait donc que les taux d’intérêt remontent rapidement.

Les conseillers devraient s’intéresser à la manière dont le portefeuille de leurs clients réagirait à une hausse rapide des rendements obligataires.

Claude Bergeron (CB) : Il faut s’en tenir aux règles de base. Investir dans un horizon qui permette à l’épargnant d’atteindre ses objectifs en fonction du risque qu’il est capable de tolérer. Surtout, il faut éviter de rechercher le coup de circuit à la Bourse.

FI : La CDPQ s’est-elle dotée de ressources spécialisées en gestion de risque ?

CB : Nous avons créé le poste d’expert-métier (EM). Il y a un EM par portefeuille, qui évolue au quotidien avec les équipes d’investissement et travaille aux côtés du responsable. L’EM travaille aussi en relation avec des gens qui ont des profils scientifiques tels que des mathématiciens et des physiciens, qui le nourrissent en analyse technique.

Aujourd’hui, un épisode comme celui des PCAA (papier commercial adossé à des actifs non bancaires) ne pourrait plus se produire. À l’époque, la CDPQ mesurait le risque uniquement de manière quantitative.

Les PCAA étant enregistrés dans les systèmes comme du papier commercial, donc remboursables dans les 90 jours, aucun regard indépendant ne remettait les choses en question. Maintenant, nous avons une personne indépendante par portefeuille qui se consacre uniquement à l’analyse du risque.

En général dans les institutions financières, on reproche souvent aux équipes de risque de ne pas prendre part à la partie. De ne pas se trouver sur le terrain avec les joueurs.

Les équipes de risque sont souvent au service des autorités de réglementation pour faire des analyses. Ils ne sont pas à proximité des gestionnaires et à la CDPQ, nous avons franchi cette étape.

Aujourd’hui, la gestion participe à la culture de risque. Lorsque des stratégies concernant tout investissement de plus de 100 M$ sont présentées à la direction, elles tiennent compte de nombreuses mesures de risque.

La CDPQ possède aussi un comité de gestion des risques au sein de son conseil d’administration. Il en existait déjà un, mais les éléments examinés aujourd’hui sont différents. Depuis 2011, ce comité reçoit un rapport détaillé de tous les actifs et de toutes les stratégies propres à chaque investissement.

FI : Quelles actions la CDPQ a-t-elle posées dans sa pratique pour améliorer sa gestion du risque ?

CB : Depuis 2009, la CDPQ a beaucoup investi en gestion du risque. La CDPQ a effectué un exercice de mise à niveau et s’est attaquée à ses outils. Nous avons notamment mis en place des pratiques de stress testing.

Lorsque nous cernons un événement de marché ou une hypothèse qui pourrait s’avérer, différents scénarios sont développés afin d’en évaluer l’impact sur nos portefeuilles. Par exemple, l’un de ces tests consiste à faire revivre aux portefeuilles la crise financière de 2008.

Nous utilisons aussi des outils d’évaluation quantitative, parmi lesquels une mesure appelée la VaR 99 % (valeur à risque). Cet outil permet de mesurer le risque de perte extrême associé à chacun des éléments de nos portefeuilles, calculé sur la base des 25 pires données de chacun de ces éléments selon un historique des dix dernières années.

Nous tenons également compte du facteur de risque lié à la concentration pour chacun des portefeuilles. Ainsi, plutôt que d’examiner nos portefeuilles investissement par investissement, nous recherchons les éléments conducteurs communs à chacun de nos actifs.

L’exercice permet de déterminer les éléments susceptibles de faire varier la valeur du portefeuille, dont les facteurs sous-jacents qui pourraient faire bouger un grand nombre de titres dans la même direction. En déterminant les titres qui risquent de réagir de la même façon, parce qu’ils le font historiquement, nous sommes à même de voir si nous sommes bien diversifiés ou si au contraire, nous possédons trop de titres dans une même catégorie jugée à risque.

Au final, nous nous assurons que la gestion du risque fasse partie de tous les processus d’investissement. Mon travail est fait lorsque tous les risques ont été mis au jour, que nous avons tenu compte de tous les scénarios et qu’une décision peut être prise en pleine conscience. Lorsque nous atteignons ce niveau, pour moi, nous faisons de la gestion de risque et nous en sommes là aujourd’hui.

FI : Sous quel angle l’Institut du risque s’intéresse-t-il aux mécanismes de partage de redistribution des risques ?

MM : Sujet typique de ce qui interpelle l’Institut du risque, les mécanismes de partage et de distribution du risque concernent de nombreux domaines, par exemple celui des assurances – où l’on retrouve de nombreux risques catastrophiques -, du logement – où la Société canadienne d’hypothèque et de logement offre des garanties qui peuvent atteindre jusqu’à 90 % de la valeur de l’achat-, et des pensions – au sujet desquelles un débat a d’ailleurs cours au Québec.

Le risque ne disparaît pas : lorsqu’une perte survient, quelqu’un doit accuser cette perte.

Le milieu financier doit favoriser une répartition des risques plus équitable, plus efficace, et mieux appropriée, où chacun prend le risque selon sa capacité de le gérer.

L’Institut du risque désire amener les secteurs public, privé et universitaire, à trouver des solutions et à développer des mécanismes qui seront favorables non seulement pour le secteur financier, mais pour l’économie réelle.

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